Domaine vintage

Nous avons profité des quelques jours passés au Domaine de Ronsard à shooter nos objets pour interviewer son heureux propriétaire ! C’est au coeur du Perche, destination de plus en plus prisée par les parisiens en mal de nature, que Vincent Dewas est tombé amoureux de cette grande propriété qui accueille aujourd’hui mariages, weekends entre amis ou fêtes de famille. Ce fou de brocantes, qui chine depuis son plus jeune âge, a entièrement rénové et décoré le lieu tout en conservant son âme. Ici les objets vintage s’accumulent au fil des promenades pour créer un espace unique et chaleureux, une (très) grande maison de campagne comme on les aime ! C’est au bord de la piscine, partageant un petit jus de pommes du Perche, qu’il nous raconte son projet.

Pour commencer, parle nous un peu de toi

Je m’appelle Vincent, j’ai 36 ans, je partage ma vie entre Paris et le Perche et je suis passionné de déco et de brocantes. J’aime beaucoup la céramique, les tissus, plus particulièrement le lin et dans cette maison j’ai voulu mettre en avant toute la déco que j’aimais pour créer un domaine de réception 100% vintage, récup. J’espère avoir réussi à créer un lieu qui soit à la fois à mon image et à celle de mes clients qui recherchent une ambiance campagne chic pour leur mariage.

Quelle est l’histoire de ce domaine ?

Le domaine était une ferme avec des vaches, des chevaux, des moutons, avec une activité agricole très dense. Le corps de ferme était abandonné depuis 5 ans, personne n’en voulait car il y avait beaucoup de travaux, les toitures étaient par terre, les combles n’étaient pas aménagés et je pense que ça faisait peur. Quand je suis arrivé dans la cour, j’ai tiré mon frein à main et j’ai dit à l’agent immobilier : « C’est celle-ci, c’est cette maison, je signe ! » J’ai fait la visite tout seul pendant environ 30 minutes et j’ai signé une proposition d’achat sur le capot de sa voiture. Le lendemain c’était bon, je me suis lancé, c’était vraiment un coup de coeur.

Par quoi as-tu commencé lorsque tu as eu les clefs ?

Les premiers travaux ont été le remplacement des fenêtres et l’aménagement d’un petit studio pour pouvoir vivre sur place pendant le chantier. Le jour où j’ai eu les clefs, j’ai demandé l’autorisation de permis de construire pour la piscine et un mois et demi plus tard elle était en place. Je me suis baigné avec un bordel pas possible autour mais au moins c’était plus motivant !

Tous les objets qui sont ici ont été chinés pour le lieu ?

Comme je déménage souvent j’ai peut-être une trentaine de pièces qui me suivent au fur et à mesure des déménagements et je sais exactement où je les ai chinés, leur prix, l’endroit où je les ai achetés et je pourrais même décrire la tête du vendeur. Le reste des objets et du mobilier ont été chinés pour le domaine au fur et à mesure dans des brocantes, des vides greniers, des ressourceries, un peu sur internet et essentiellement dans le Perche, où les prix sont plus abordables.

D’où vient cette passion pour les objets vintage ?

Ça a commencé quand j’avais 8 ou 10 ans, parce que mes parents m’emmenaient sur des brocantes et j’adorais ça. À l’époque il n’y avait pas encore internet et ma mère allait chiner dans un truc qui s’appelait le « Troc de l’île » ; c’était un peu ringard mais j’adorais voir tous ces meubles, tous ces trucs à retaper. Vers 16 ans j’ai voulu refaire ma chambre de petit garçon et j’ai commencé à repeindre des meubles. Ensuite vers l’âge de 18 ans j’ai quitté la maison familiale et pris mon premier appart. Il a fallu que je le meuble donc j’ai récupéré dans les greniers ce qui me plaisait. Je suis donc arrivé en Septembre à Lille, pendant la braderie où j’ai découvert toute cette ambiance de chine, de négociation, le fait de partir excité avec 20 euros en poche et la curiosité de voir ce que l’on pouvait ramener avec un petit butin.

Quel est ton objet favori au domaine ou peut-être chez toi à Paris,
ta « chine parfaite » ?

J’adore le buste, portrait d’essai, qui est dans la grande chambre. Je n’en trouve jamais et celui-ci appartenait à une étudiante en art ; elle l’avait réalisé dans un cours d’observation. J’ai eu un coup de coeur quand je l’ai vu ! Je pensais que ça allait coûter un prix de dingue et en fait elle me l’a vendu une trentaine d’euros. Je l’adore car je trouve que le mec est assez masculin, il a une belle tête. J’adore tout ce qui n’est pas terminé : les dessins d’étude, les choses qui restent un peu brutes et qui ont beaucoup d’imperfections. Cette maison finalement, elle a aussi beaucoup d’imperfections.

Tu as une pièce favorite, celle où tu passes le plus de temps ?

Ma pièce préférée, celle où je suis le plus souvent, c’est le salon vert parce qu’il est en position centrale. Je suis souvent seul ici la semaine et il est de petite taille donc je me sens bien dedans. Il y a une énorme cheminée et je peux me mettre dans le fauteuil à 1m50 du feu. Je ne décolle plus et petit plus, il est à côté de la cuisine et du petit stock de vin blanc !

Quelle pièce Slowey’s pourrait facilement trouver sa place chez toi ?

Toute la céramique portugaise que j’adore, je trouve que ça irait très bien sur ma table de salle à manger, plus particulièrement la collection noire et blanche. Le linge de maison également. C’est difficile d’organiser un joli lit, j’ai adoré le coussin Dama à carreaux et le Naïm avec le tissu éponge, très beaux dans une chambre.

Peux tu nous donner tes adresses préférées dans le Perche ?

Dans Bellême on va trouver 10 brocanteurs, de tous les styles, dont « Valérie Smilenko ». J’aime beaucoup sa sélection un peu broc ethnique et aussi un peu plus campagne avec des pièces que l’on trouve nulle part ailleurs. Pour un petit déjeuner retour de marché il faut aller à la « Verticale », idéalement le jeudi. Et pour terminer je dirais « d’Une île » pour aller déjeuner ou dîner sans oublier de réserver !

Un nouveau projet ?

Je l’ai déjà dit, ici c’est une région ou il y a énormément de brocantes. C’est pour ça que je vais lancer dès cet hiver mes « brocantes tour » qui consistent à recevoir des participants en formule weekend : 3 jours – 2 nuits – petit déjeuner – déjeuner et dîner réalisés par un chef à domicile qui ne travaille qu’avec des produits bio de la région. Je les emmènerai découvrir 5 à 6 brocantes le samedi et pareil le dimanche. L’idée c’est de leur apprendre à chiner, à ouvrir les yeux, à détourner des objets et à accorder les choses dépareillées.

Nous serons sans aucun doute parmi les premières participantes !
ledomainederonsard.fr

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